La mort, la vie et la joie.

IMAGE SITEJ’ai eu envie d’écrire ce billet autour de la Joie, de la vie et de la mort car, comme je vous l’ai déjà dit, je sens que j’intègre les apprentissages reliés à l’expérience d’accompagnement de ma mère vers la mort puis son retour à la vie transformée, guérie et joyeuse. Cela fait 2 ans que je me sens en grande transformation même si je n’ai pas vécu personnellement cette expérience vers la mort.

Ma vie a été chambardée…pas dans ma routine d’accompagnante de ma mère mais dans ma vie intérieure, mes croyances, mes valeurs, ma présence à la vie. J’ai écrit l’histoire de ma mère dans le livre  Aller-retour vers l’au-delà et maintenant j’ai envie de parler de mes apprentissages sur ce chemin et de certaines rencontres bouleversantes qui nourrissent mes prises de conscience.

Dernièrement, j’ai visité une femme, Amala, quelques jours avant son décès. Je suis allée la voir dans la maison de soins palliatifs où elle résidait jusqu’à son dernier passage. Je la connaissais à peine; nous nous étions rencontrées par l’intermédiaire du yoga et nous avions parlé pour la première fois suite à la parution de mon livre qu’elle avait lu quelques mois auparavant.

Lorsque je l’ai revue, j’étais face à une femme très diminuée physiquement mais sereine, joyeuse, les sens en éveil, prête à changer de vie en toute conscience. Je n’ai pas senti de tristesse ou de peur mais plutôt de la joie et la certitude que sa vie se transformait. Elle avait tout préparé pour son départ, son urne et sa fête de vie pour rassembler ses amis. Nous sommes restées en silence, puis j’ai massé son corps et nous étions remplies de cet instant si riche de peu de mots.

J’aimerais aussi vous présenter Anne-Marie Seguin qui nous transmet sa vie en fin de vie via ses vidéos et un documentaire réalisé par Marcia Pilote  La mort m’a dit. Nous pouvons la suivre dans sa préparation de sa fin de vie: comment aborde-t-elle chaque journée avec son lot d’incertitudes, de douleur et de deuils à faire.

En effet, comment vit-on lorsqu’on sait qu’on va mourrir? Drôle de question car nous savons tous que nous allons mourrir…mais nous vivons comme si la mort ne faisait pas partie de notre vie! Nous sommes toujours surpris et scandalisés lorsque la mort, la grande faucheuse, débarque sans prévenir et nous sépare d’un être cher. Alors quand la maladie survient, tout le monde s’attend à ce que cette personne se batte, résiste.

L’entourage d’une personne malade ou en fin de vie est souvent rassuré par des actions concrètes. Car, dans notre monde, nous  avons tendance à croire que si nous posons une action, en acceptant tous les traitements possibles par exemple, nous agissons pour rester en vie.

Pourtant, maman nous a démontré qu’en stoppant tout, en s’intériorisant, en se reliant au plus grand que soi, elle posait une «non action» qui l’a amenée  dans un espace de conscience dans lequel ses cellules se sont régénérées. Il y a eu guérison, ce qui nous démontre notre grand potentiel. Avant cela, j’ai constaté sa joie, son absence de douleur physique et mentale après chaque période de  repos, en silence, en méditation et en prière. Ne rien faire était le plus efficace pour elle à ce moment-ci.

Nous avons toujours l’impression que nos actions nous aident à avancer. Mais qu’est-ce qui détermine notre action? La peur ou un choix profond? Une action vide de sens ne nous mène nulle part. Une action qui nous étourdit ne sert à rien d’autre qu’à nous distraire. Nous sommes pourtant programmés pour agir et être efficients.

Et si ne rien faire, méditer, prier ou se mettre à l’écoute de soi nous rendait réellement plus calmes, plus justes, plus conscients de nos réels besoins et nous amenait exactement là où l’on doit être ?

Mais qu’il est difficile de ne rien faire. Qu’il est difficile de ne pas se battre contre la maladie. Nous n’avons pas à nous battre. Nous ne gagnons ou ne perdons aucun combat contre la maladie.

J’ai déjà fait le lien dans d’autres textes et dans mon livre entre notre naissance et notre mort ; entre ce que vit une femme qui accouche et ce que j’ai pu observer chez un mourant.

La lutte et la résistance  augmentent la peur et la douleur. Lorsque j’accompagne une femme qui est sur le point d’accoucher, la peur est souvent au rendez-vous. La femme qui devient mère est face à une mort : elle ne sera plus jamais pareille. Si elle a pu apprivoiser ses sensations et être rassurée, elle va oser s’abandonner et renoncer à ce qu’elle connait. Cela demande un abandon et une confiance totale en la vie, quoi qu’il se passe.

Anne-Marie Seguin a fait ce lien également et témoigne de ce que la douleur lui a appris: regarder ce qui lutte en dedans, ce qui n’est pas à sa place, ce qui doit être compris. Elle parle de toutes les sensations rencontrées, du bien-être à la douleur, qui ont toutes leur raison d’être à chaque instant. Ça n’est ni bien ni mal.

Tout est là pour nous amener un peu plus loin selon elle. Bien sûr, la douleur du corps en fin de vie sera soulagée. Mais elle affirme n’avoir aucune douleur psychologique car la mort qui arrive fait partir intégrante de sa vie.

«La mort m’a dit qu’il est bon de vivre et qu’il n’y a rien à craindre» (extrait du film La mort m’a dit)

«Je n’ai aucun souvenir de souffrance et je n’ai pas eu peur de mourrir» (Germaine)

«Je suis née naturellement, j’ai vécu naturellement, je vais mourir naturellement  »(Anne-Marie

Isabelle Challut

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